Publié par : jrfalco | 2 décembre 2008

Management 201 ou l’art de “restructurer” un département

“Vous savez Pignon, une entreprise, c’est un peu comme une montgolfière. Parfois, pour prendre de la hauteur, il faut savoir lâcher du lest”. En manager appliqué que je suis, je me suis donc empressé d’appliquer cette recommandation… au détriment de Bob, alias Mister Flabbergasted. Oui, parce que Bob est selon ses propres termes régulièrement flabbergasted notamment lorsqu’il constate que le même calcul réalisé 3 fois successivement par ses soins donne… 3 résultats différents… à quelques millions près. Et franchement, pour une compagnie de notre taille, qui se soucie de quelques millions de différence hein ?

Bob s’est spécialisé durant les derniers mois dans l’overpromising. Son esprit de coopération était maximal… Par contre, pas une seule fois il n’a rencontré les échéances attendues avec la qualité de travail requise. Ce personnage de seconde zone, cet anti-héros, devait donc naturellement disparaître de la série JR in Dallas. Et plutôt que d’échafauder un meurtre scabreux ou imaginer un voyage au bout du monde à la recherche d’une tribu perdue d’aborigènes australiens, quoi de mieux qu’un bon petit licenciement à l’américaine, 2 minutes montre en main.

Un faux meeting (je sais, mentir c’est moche) dans mon bureau à 7h30 du matin. Meeting auquel se joint un représentant des ressources (in-)humaines. Ce dernier se montre expéditif : “Bob, nous avons décidé de mettre un terme à ton emploi avec effet immédiat. Je vais te raccompagner à ton bureau afin que tu prennes tes affaires et que tu me rendes ton badge et tout objet appartenant à la compagnie. Tu recevras 4 semaines de salaire et sera couvert par nos assurances collectives jusqu’au 31 janvier prochain. Si tu as des questions, tu pourras contacter Allison. Maintenant si tu veux bien me suivre“.

Durant ces 2 minutes interminables, je n’ai pas eu à dire un seul mot. J’ai seulement essayé de soutenir le regard de Bob, qui malgré d’incommensurables efforts, n’a jamais réussi à éviter la noyade dans un verre d’eau. Malgré ce léger inconfort (il faut savoir que sa femme accouche d’ici 3 semaines et a connu une grossesse extrêmement difficile), je n’ai pu m’empêcher de penser à quel point j’apprenais vite. Eh oui, 3 licenciements en 4 ans à Montréal m’auront permis de réaliser ce 4ème sans aucune émotion… Enfin… je crois… hum…


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